Mar 11 / Purple Squirrel

Biais cognitifs : les freins invisibles à votre succès professionnel

Il y a un élément qui vous empêche TOUS d’avancer dans votre carrière.
Et le pire c’est que cet élément c’est VOUS !
Ou plutôt la manière dont votre cerveau choisit d’interpréter les informations.
Image d'une citation de Laird Hamilton: "Assurez-vous que votre pire ennemi ne vit pas entre vos deux oreilles."
Est-ce que vous vous reconnaissez dans ces phrases ?
  • “Ça ne sert à rien que je demande une augmentation, personne n’en a eu ces dernières années”
  • “Mon entreprise n’a jamais accordé ça avant, ça ne sert à rien d’y penser”
  • “Mon manager m’a déjà refusé une promotion, il va sûrement refuser cette année aussi”
  • “Ça ne se fait pas dans mon entreprise”


Si la réponse est oui, cet article est fait pour vous !

Aujourd’hui, on va parler biais cognitifs.
Avec un focus sur ceux qui vous poussent à ne pas demander ce que vous méritez.
À rester au statu quo par peur d’entendre un “non”.

Le résumé de cet article : l’Homme rationnel n’est qu’un mythe.
Nous sommes tous et toutes profondément irrationnels. Et il faut l’accepter.

Sommaire

  • 2. Les biais qui vous font stagner

1. C'est quoi un biais cognitif ?

Notre cerveau reçoit environ 11 millions d’informations par seconde via nos 5 sens. Mais il ne peut consciemment en traiter que 50 par seconde.
C’est pour ça que le cerveau agit comme un filtre. C’est ce qui nous permet de prendre des décisions : certaines qu’on ne remarque même plus (exemple : mettre un pied devant l’autre pour marcher)...
Et d’autres plus réfléchies (demander une augmentation de salaire à son patron).

Si on devait prendre toutes ces décisions de manière consciente, je vous laisse imaginer le mal de tête 🤯

Un biais cognitif, c’est un raccourci pris par notre cerveau qui nous fait prendre une mauvaise décision !

Lorsque vous vous dites : "On ne fait pas ça dans mon entreprise", vous laissez essentiellement ces biais dicter vos actions et vous empêcher de prendre des risques ou de repousser les limites.

2. Les biais qui vous font stagner

Savoir c’est pouvoir
Alors voici les principaux biais qui vous font stagner dans votre carrière 👇🏻
Promis, vous allez vous reconnaître dans au moins l’un d’entre eux !

Pensée polarisée (ou dichotomique)

C'est la pensée du "tout ou rien".
Diviser la réalité en deux et en termes absolus sans voir le juste milieu. "Toujours" ou "jamais", "bon" ou "mauvais", "tout le monde" ou "personne". Ainsi, les personnes qui utilisent une pensée polarisée ou dichotomique construisent leur réalité sur la base de deux catégories.
Il n'y a pas de nuances de gris.

C’est ce qui mène à des pensées du style : “Ça ne sert à rien que je me donne à fond sur ce projet, mon manager ne le remarquera jamais !”

Généralisation excessive

C’est quand vous généralisez à partir de cas isolés et que vous en tirez une conclusion qui s'applique à tout. Vous tirez une idée d'un événement qui ne s'est produit qu'une seule fois.

Par exemple : “Mon manager m’a refusé ma promotion la dernière fois que je l’ai demandée, il va sûrement encore la refuser, ça ne sert à rien de demander”

Vision catastrophique

C'est imaginer les pires conséquences possibles. Et à force de faire ça, je finis souvent par ne pas prendre action sur base d’une peur complètement infondée.

Exemple : quand vous voulez demander une mobilité en interne mais que vous êtes convaincu qu’on va d’office vous dire non, et que ça va faire penser à votre manager que vous n’êtes plus motivé, et que du coup il va remettre en question votre place dans l’entreprise, et que vous allez perdre sa confiance, et que vous allez finir licencié, et puis SDF 😅

Conformisme

La tendance à penser et agir comme les autres. Si personne dans votre équipe ne demande d’augmentation de salaire, ben vous non plus.

Faudrait pas que les autres vous jugent non plus ! Ou que ça crée une distance avec l’équipe… Quitte à reporter votre liberté financière à plus tard…

Aversion à la perte

La perspective de la perte est plus grande que l’espoir du gain. « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce que l’on gagne », ça vous parle ?

Ce biais nous pousse au statu quo, à rester dans un poste qui nous plaît bof bof ou dans lequel on sent qu’on n’utilise pas notre potentiel à fond.
Mais on se convainc “qu’on est pas si mal” et “qu’on a bien de la chance”.

Biais d'ancrage

Le biais d’ancrage consiste à privilégier les premières informations qui nous sont données.
“Ça ne sert à rien de demander une augmentation de salaire avant d’avoir fait 3 ans dans la boîte.” dixit Laetitia, sur base d’une information reçue il y a 2 ans.

Cette affirmation est basée sur ce que vous avez entendu de la bouche d’un collègue quand vous avez rejoint l’entreprise. Et du coup, cette première information reçue devient LE point de référence dans votre décision.

3. À vous de jouer 🍭

Il existe plus de 180 biais au total.
Donc, la prochaine fois que vous voulez quelque chose dans votre carrière
Que ça soit une augmentation de salaire, une promotion, une mobilité en interne, …

Mais que votre réflexe est de vous dire que “ça n’est pas possible” ou que “ça n’a jamais été fait avant”
Prenez une seconde pour respirer un bon coup et demandez-vous : “est-ce que mon cerveau me joue des tours ?
Et plutôt que de trouver des excuses, faites un plan d’action.
Préparez la conversation.
Préparez les objections et comment vous pouvez y répondre.

C’est prouvé : vous avez encore plus de biais quand vous êtes dans des situations complexes, incertaines, où il y a des enjeux/risques !
Le monde du travail est donc un terrain très fertile pour les biais !
Alors que faire pour que votre cerveau vous joue moins de tours ?
Gif de Yoda de Star Wars: "Do. Or do not. There is no try."

1. En être conscient

On est tous biaisés, c’est juste la réalité.
Mais s’en rendre compte, c’est un bon début. Ça permet de prendre des décisions plus en conscience.
Donc la prochaine fois que vous repoussez une action par peur de quelque chose ou sur base d’une information reçue par votre collègue il y a 5 ans… Challengez votre cerveau !

2. Réfléchir aux évènements passés où vous avez laissé les biais prendre le contrôle

Quelles sont les décisions/actions que vous avez voulu prendre ces derniers mois et que vous avez repoussées ?
Quelles étaient les raisons ?
Vous pouvez utiliser l’exercice des 5 Pourquoi. Cet exercice permet d’identifier les causes racines d’un problème.
Exemple : il y a 2 mois, je n’ai pas osé demander une augmentation
Pourquoi ? Parce que les augmentations sont toujours données milieu d’année
Pourquoi ? Parce que c’est la politique de l’entreprise
Pourquoi ? Parce que c’est ce que mon collègue m’a dit
Pourquoi ? Parce que c’est ce qu’il a entendu d’un autre collègue

L’objectif ? Aller plus loin que l’excuse initiale que vous vous donnez.

3. Dans le doute ? Demandez conseil autour de vous

Avoir l’avis de plusieurs personnes sur une situation permet de voir différentes perspectives.
On est souvent très émotionnels quand on doit prendre des décisions.
Une personne externe (et réfléchie) peut nous donner un avis plus pragmatique et nous faire nous rendre compte de nos biais.

4. Pour aller plus loin 🔭

La thématique des biais vous intéresse ? Ça tombe bien, moi aussi !
Je vous recommande ce très bon TedTalk d’Albert Moukheiber : À la découverte de notre cerveau

Pour discuter de votre carrière avec une experte, c'est par ici 👇🏻