Aug 17 / Maëva

Peur du networking : pourquoi votre cerveau bloque et comment passer à l’action

Vous vous dites : « Je ne veux pas déranger. »

Ou bien : « Cette personne est beaucoup trop importante. Pourquoi accepterait-elle de me répondre ? »

Ou enfin : « Je prendrai contact quand j'aurai quelque chose d'intéressant à lui dire. »

Alors vous attendez.

Vous attendez d’avoir un meilleur profil LinkedIn, un message plus travaillé, une actualité intéressante à partager, le bon moment, les vacances, la rentrée...

Et plusieurs semaines passent.

On a tendance à croire qu'on manque de confiance en soi. En réalité, on se heurte à quelque chose de beaucoup plus puissant : notre cerveau.

Son rôle n'est pas de construire une carrière, mais de nous maintenir en sécurité.

Pour lui, envoyer un message à quelqu'un qu’on admire, demander un café, solliciter un mentor, publier sur LinkedIn ou demander une promotion ont un point commun : ce sont des situations où l'issue est incertaine.
 
👉 Et notre cerveau déteste l'incertitude, surtout lorsqu’elle implique un risque de rejet ou de jugement. C'est elle, bien plus qu'un manque de confiance, qui nous pousse à remettre ces démarches à plus tard.

1. Pourquoi la peur du networking est si difficile à repérer

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La peur du networking ne se présente pas toujours comme une peur.

Votre cerveau ne vous dit pas clairement : « J’ai peur d’être rejeté. »

Il utilise souvent des arguments plus acceptables :

« Ce n'est pas le bon moment. »
« Je vais attendre d'avoir un meilleur profil LinkedIn. »
« Je contacterai cette personne après les vacances. »
« J'ai besoin d'un message plus travaillé. »

Ces pensées semblent raisonnables. C’est justement ce qui les rend efficaces. Elles ne ressemblent pas à une fuite. Elles ressemblent à de la prudence, du professionnalisme ou du respect pour l’agenda des autres.

Pourtant, elles ont souvent le même effet : vous évitez une action dont l’issue est incertaine.

Le cerveau préfère une déception connue à une incertitude inconnue

Envoyer un message à un dirigeant, demander un rendez-vous ou reprendre contact avec un ancien collègue comporte une part d’inconnu.

La personne peut :
 
  • répondre favorablement 
  • répondre plus tard 
  • décliner 
  • ne pas répondre du tout 
  • vous poser une question à laquelle vous ne vous sentez pas prêt à répondre

Votre cerveau anticipe alors le scénario le plus inconfortable. Il imagine le silence, le jugement ou le refus avant même que la conversation ait commencé.

Les travaux d’Eisenberger, Lieberman et Williams sur le rejet social montrent que l’exclusion sociale active des régions cérébrales également impliquées dans le traitement de la douleur physique.

Cela ne signifie pas qu’un message LinkedIn équivaut à une blessure physique. Cela montre plutôt que le rejet social est traité comme une expérience profondément désagréable par notre système nerveux. Il est donc cohérent que votre cerveau cherche à éviter cette éventualité.

👉 Le problème, c’est qu’il ne fait pas toujours la différence entre un véritable danger et une situation simplement inconfortable.
Le networking nous met mal à l'aise

Le cycle invisible de l’évitement


Voici ce qui peut se passer :

Vous pensez à contacter quelqu’un
 ⬇️ 
Vous anticipez une réaction négative
 ⬇️ 
Vous ressentez de l’inconfort
 ⬇️ 
Vous reportez l’action
 ⬇️ 
Vous ressentez un soulagement immédiat
 ⬇️ 
Votre cerveau apprend que reporter fonctionne
 
En repoussant votre message, vous vous sentez momentanément mieux. Votre cerveau enregistre donc cette stratégie comme utile. La prochaine fois, il vous proposera encore plus rapidement de reporter.
 
C’est ainsi que l’évitement peut devenir une habitude.

👉 Derrière beaucoup d’excuses raisonnables se cache une tentative de réduire rapidement l’incertitude et la peur du jugement. Pour avancer, il faut donc agir sur le mécanisme émotionnel, pas seulement se répéter « il faut que je prenne confiance ».
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2. Le mensonge du cerveau : « J’agirai quand je serai prêt »

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Le plus grand mensonge que votre cerveau puisse vous raconter est probablement celui-ci :

« Quand je me sentirai prêt, je passerai à l’action. »

Dans une carrière, cela fonctionne rarement de cette manière.

Vous n’êtes pas toujours prêt avant :
 
  • votre première prise de parole en public 
  • votre première promotion 
  • votre première demande de rendez-vous 
  • votre première transition professionnelle 
  • votre première conversation avec un dirigeant que vous admirez

Vous devenez souvent plus prêt parce que vous acceptez d’agir.

La préparation peut devenir une forme d’évitement

Se préparer est utile. Mais la préparation peut aussi devenir infinie. À un moment, vous n’êtes plus en train de préparer votre prise de contact. Vous êtes en train de différer l’inconfort qu’elle représente.

Imaginez une directrice commerciale dans la MedTech qui souhaite explorer une nouvelle opportunité professionnelle.

Elle identifie trois anciens contacts pertinents, mais n’ose pas les solliciter. Elle estime qu’elle doit d’abord clarifier entièrement son projet, refaire son profil LinkedIn et préparer un discours précis. Trois mois plus tard, elle n’a contacté personne. Son projet n’est pas plus clair.

En revanche, son inquiétude a augmenté, car elle a associé cette démarche à une tâche de plus en plus importante et difficile. Le premier message n’avait pas besoin d’être parfait. Il avait besoin d’exister.

L’action réduit l’incertitude

Avant d’écrire, vous imaginez plusieurs scénarios.
Après avoir écrit, vous obtenez une information réelle.

La personne répond ou ne répond pas. Elle est disponible ou ne l’est pas. Elle vous recommande quelqu’un ou vous indique une autre direction. Dans tous les cas, vous remplacez une hypothèse par une donnée.

C’est l’un des bénéfices immédiats de l’action : elle transforme une situation floue en situation observable.

👉 Attendre de vous sentir prêt peut renforcer l’appréhension. Une action suffisamment petite vous permet au contraire de reprendre contact avec la réalité.
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3. Pourquoi la confiance vient souvent après l’action

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On entend souvent : « Il faut avoir confiance en soi pour oser. »

C’est parfois vrai, mais seulement en partie.

La confiance n’est pas toujours un préalable. Elle se construit aussi à partir d’expériences concrètes.

Lorsque vous réalisez une action et constatez que vous êtes capable de la mener, même imparfaitement, vous développez progressivement la croyance que vous pourrez faire face à une situation similaire. 

Dans le contexte du networking, cela peut ressembler à ceci :

 
Vous envoyez un premier message
 ⬇️
Vous constatez que le monde ne s’écroule pas
 ⬇️
Vous obtenez peut-être une réponse
 ⬇️
Vous apprenez à mieux formuler votre demande
 ⬇️
Vous vous sentez légèrement plus à l’aise la fois suivante

La progression se fait rarement en une transformation spectaculaire. Elle passe plutôt par une série d’expériences modestes.

Les leaders ne sont pas dépourvus de peur

Les cadres dirigeants qui développent un réseau solide ne sont pas nécessairement ceux qui ont le plus d’aisance naturelle.

Ce sont souvent ceux qui ont compris que l’inconfort ne constitue pas une preuve d’incompétence.

Ils peuvent ressentir :

  • la peur de ne pas être légitimes
  • la crainte de déranger
  • l’incertitude liée à une transition
  • la difficulté à parler de leur valeur
  • l’appréhension d’être comparés à d’autres profils

Mais ils ont appris à ne pas attendre la disparition totale de ces émotions. Ils agissent avec elles. C’est une distinction importante.

L’objectif n’est pas de devenir une personne qui adore les cocktails professionnels, les événements de grande ampleur ou les conversations improvisées.

L’objectif est de trouver les formats et les actions qui vous permettent d’avancer sans nier votre fonctionnement.

👉 La confiance se développe par la répétition d’actions réalistes. Elle n’apparaît pas toujours avant le premier pas.
Avis de client Purple Squirrel

4. Comment réseauter sans avoir l’impression de déranger

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La peur du networking est souvent liée à une vision trop transactionnelle de la démarche.

Vous imaginez que vous contactez quelqu’un uniquement pour obtenir quelque chose :

  • un poste
  • une recommandation
  • une mise en relation
  • une information
  • un rendez-vous

Vous avez alors l’impression de prendre sans avoir suffisamment donné.
Pour sortir de cette logique, commencez par changer la nature de votre objectif.

Ne cherchez pas immédiatement à obtenir une opportunité

Votre premier objectif peut être beaucoup plus simple :

  • comprendre un parcours
  • poser une question précise
  • demander un retour d’expérience
  • partager une ressource utile
  • reprendre contact avec une personne que vous appréciez
  • mieux comprendre les évolutions de votre secteur

Cela réduit la pression exercée sur l’échange. Vous ne demandez pas à votre interlocuteur de résoudre votre carrière. Vous ouvrez une conversation.

Une prise de contact peut rester courte et précise

Un message efficace n’a pas besoin d’être long. 

Vous pouvez vous appuyer sur cette structure :

1. Le contexte
Pourquoi cette personne en particulier ?

2. Le point de connexion
Une expérience commune, un secteur, une problématique ou une publication.

3. La demande légère
Une question ou une proposition d’échange courte.

Le silence n’est pas toujours un rejet

Une absence de réponse peut signifier beaucoup de choses :

  • la personne n’a pas vu votre message
  • elle l’a lu au mauvais moment
  • elle ne sait pas encore quoi répondre
  • son agenda est chargé
  • elle préfère répondre plus tard
  • votre demande n’est pas prioritaire aujourd’hui

Vous ne pouvez pas savoir laquelle de ces hypothèses est la bonne. C’est pourquoi il est risqué de transformer immédiatement le silence en jugement sur votre valeur.

L’article Purple Squirrel consacré au networking efficace traite plus en détail des objectifs, de l’identification des bons interlocuteurs, de la prise de contact et de l’entretien du réseau. 

👉 Réseauter ne signifie pas demander une faveur à chaque contact. C’est créer des conversations utiles, humaines et potentiellement réciproques.

5. L’exercice en 5 minutes pour reprendre le contrôle

Prenez une feuille ou ouvrez une note sur votre téléphone. Puis répondez aux 5 questions suivantes.

💡 Règle simple : Si vous pouvez réaliser l’action en moins de 5 minutes, faites-la avant que votre cerveau ne construise une nouvelle justification.
La confiance est une conséquence de l'action
  • Quelle action repoussez-vous ?
    Écrivez une action précise. Plus l’action est concrète, moins votre cerveau peut la transformer en tâche abstraite et intimidante.
  • Quel scénario redoutez-vous ?
    Nommer le scénario permet de le regarder comme une hypothèse, pas comme une certitude. Complétez : « Si je prends contact, j’ai peur que… » 
  • Quelle est la probabilité réelle de ce scénario ?
    Ne cherchez pas une réponse mathématique parfaite. Demandez-vous simplement : « Qu’est-ce que je sais réellement, et qu’est-ce que j’imagine ? » 
  • Quelle serait une version plus petite de l’action ?
    Vous n’avez pas besoin de demander immédiatement un rendez-vous. L’action doit être assez petite pour que vous puissiez la réaliser malgré l’inconfort.
  • Quand allez-vous la faire ?
    Choisissez un moment précis dans votre agenda. Vous cherchez à limiter le temps consacré à la négociation intérieure. 

🤝 Votre réseau ne se construit pas dans l’attente 

La peur du networking ne signifie pas que vous manquez de légitimité. Elle traduit souvent la volonté de votre cerveau d’éviter une situation incertaine, avec le risque d’être jugé ou rejeté. Mais attendre de se sentir prêt entretient le blocage. Acceptez que la confiance se construise après l’action. Votre réseau ne se développera pas dans l’attente d’un moment parfait. Il commence avec une conversation.

🎯 Vous voulez reprendre le contrôle sur votre trajectoire ?

Purple Squirrel vous aide à :

✓ Comprendre ce qui bloque votre networking
✓ Identifier les actions les plus utiles pour votre carrière
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